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Arthur Lefever - Columbo

September 29, 2017

 J'ai très peu d’expériences de série TV. De toutes celles citées sur le BLOG je n’ai regardé que L’Héritage Empoisonné, que j’ai bien reconnu en lisant la description, l’auteur de théâtre, sa compagne… l’histoire me revenait. Et également P’tit Quinquin de Bruno Dumont, dont je connaissais les films.

En revanche, la série que j’ai abondamment regardé, entièrement, et la plupart des épisodes plusieurs fois, c’est Columbo. À la manière de P’tit Quinquin, en effet, cette série se rapproche du cinéma (des épisodes ont d’ailleurs été tournés par des réalisateurs célèbres comme Steven Spielberg ou John Cassavetes). Il y a énormément de plans très cinématographiques qui nous font nous les projeter sur grand écran, et des scènes dramatiques tout autant cinématographiques. Par contre, à l’inverse de P’tit Quinquin, chaque épisode de Columbo est, du point de vue narratif, indépendant. Ce qui rend les épisodes visibles sans respecter l’ordre chronologique ou même de ne pas tous les voir. Je me souviens simplement, dans un certain épisode, de l’évocation par Columbo d’une ancienne affaire, tirée d’un épisode précédant, mais qui ne dépasse pas le stade de la référence symbolique destinée aux connaisseurs de la série. Avec non loin de 70 épisodes en tout pour une durée moyenne de 80 minutes par épisode, il est assez mal aisé d’imaginer une tension narrative forte (nécessaire à une production télévisuelle) se développer sur autant de temps. Les séries seraient peut-être à diviser en deux catégories : celles qui tendent un long fil narratif entre les épisodes et les saisons et celles qui font évoluer la série autrement, dotant chaque épisode d’une narration propre?

 

Souvent en regardant un épisode j’ai pu penser qu’il pourrait être le seul, être un film, avec pour titre le titre de l’épisode. Mais Columbo est bien une série. Ce qui fait série dans Columbo c’est évidement la personnalité du personnage, le profil des criminels, la ville etc… avec bien sûr quelques exceptions. Ce sont donc des récurrences, des répétitions, des variations sur un schéma qui reste fondamentalement le même. En cela, c’est dans les détails que le travail sériel prend son intérêt. Je pense aux cigares de Columbo, caractéristiques étant de mauvaise qualité, encore verts, qui se remarquent d’épisodes en épisodes. Et quand tout à coup ils deviennent sujet de conversation, ils prennent une importance particulière car on en a une perception familière. Puis en re-visionnant un épisode plus ancien, on s’aperçoit que les cigares ont l’air meilleurs, son costume moins froissé. On peut se demander par exemple si il était mieux payé ou si la personnalité du personnage était encore en rodage. Entre tous les détails identifiables, récurrents, c’est le « hors-champs », le lien que l’on fait entre eux, entre les épisodes, qui forme le mode d’expression de la série. On pourrait dire de Columbo que c’est une série cinématographique comme la photographie peut, et se constitue souvent en tant que série.

 

Arthur Lefever

 

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