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Florent Meng - Au cœur du temps

June 1, 2018

Quand j’étais enfant, la cinq rediffusait toute une collection de séries américaines des années 60 et 70, beaucoup de science fiction et de policier. C’était un enchainement sans fin de séries et j’ai du passer quelques après-midi devant la télé avec la permission de ma mère, qui trouvait cela moins violent que les mangas des programmes pour enfant. (Ce qui me semble bizarre comme réaction). Je garde le souvenir d’une série en particulier, produite dans les années 1960, qui s’appelait Au cœur du temps. Le point de départ était simple : deux scientifiques qui travaillent sur un projet top secret pour voyager dans le temps, se sont perdus et retrouvés coincés à travers les époques. Le générique s’ouvrait systématiquement sur eux gravitant dans un tunnel spatio-temporel kaléidoscopique, quelque chose de visuellement proche des effets utilisés dans Vertigo. Et puis on enchaînait au ralenti sur leur chute devant une porte. Dans cette transition de plan, il y avait quelque chose de fantastique, qui me fascinait et dans lequel tout était dit. Je percevais l’abstraction du générique et l’ellipse du voyage comme un accélérateur, une forme de toboggan qui me projetait dans la série.

Il y avait aussi le fait que les protagonistes se trouvaient toujours les témoins de moments historiques. De ceux que l’on voit par exemple dans les livres d’Histoire. Un épisode sur la prise de Troie, était donné et un autre sur le naufrage du Titanic. Cela devait demander un budget énorme pour une série de cette époque. Il y avait un coté un peu « Tintin traversant les époques ».

Au cœur du temps © Universal Pictures, Vidéo

 

Je crois que la série n’a jamais eu de fin, car elle ne fonctionnait pas auprès du public. Et les protagonistes se sont donc retrouvés coincés à jamais dans l’espace temps. Je ne me souviens pas d’avoir vu un épisode clôturant le voyage.

L’idée de la série comme une plateforme évolutive, dans laquelle les personnages principaux sont les objets récurrents, est classique. Mais le fait que, dans Au cœur du temps, les époques changent et que l’on puisse représenter ces  époques avec des décors et des costumes, me plaisait beaucoup. Ce qui donnait lieu à plein de scenarios à rejouer plus tard dans ma chambre.

 

Dessin préparatoire de la base souterraine du Chronogyre, décors de la série Au cœur du temps. © Universal Pictures Vidéo

 

Adolescent, je regardais encore une série rediffusée Code Quantum. Je n’étais pas très à la mode à l’époque, mais je trouvais que Beverly Hills ou Hartley Cœur à vif avait l’air franchement débile. Tous ces problèmes d’adolescents tournaient en rond. La seule série que j’ai découverte un peu plus tard, vers 16 ou 17 ans, par hasard en vacances parce qu’elle était diffusée à 22 h 30, est That’s 70’s Show… Elle était plus décalée, plus cynique et plus intelligente que Friends, que ma petite sœur regardait tous les jours. L’environnement de That’s 70’s show était beaucoup plus réel. Tout le monde avait des problèmes d’argent, la seule préoccupation des ados était de fumer de l’herbe.

 

Mais adolescent, j’étais plus intéressé par Code Quantum qui était diffusée sur M6, je crois. C’était une série à épisodes, très similaire à Au Cœur du temps, en un sens, puisque le protagoniste joué par Scott Pakula, se retrouvait projeté (encore une histoire de scientifique !) dans le corps d’un autre à une époque X, afin de changer le cours de l’histoire.

 

Je me souviens qu’il s’agissait uniquement d’histoires contemporaines au personnage. Ce qui est une manière de construire un récit, très K. Dickien dans le style… Bien sûr je n’avais pas encore lu l’auteur de science-fiction Philip K. Dick à cet âge. Ma petite sœur, elle, regardait une autre série du même style Le caméléon, le samedi soir, également sur M6. Le héros devait lui aussi constamment s’adapter et dialoguer avec l’environnement dans un jeu de transformisme, étant capable de faire tous les métiers pour s’infiltrer et résoudre une affaire. J’ai dû regarder quelques épisodes avec elle. Mais globalement chacun avait sa série. On ne regardait jamais la télé ensemble ou avec mes parents.

 

Je crois que je n’ai jamais été très fan des séries routinières… À part That’s 70’s Show qui s’amusait justement de ce cliché, jusque dans les paroles de la chanson du générique.

 

Il y a quelques années, j’ai passé énormément de temps à regarder Les Sopranos et j’ai vu toutes les saisons en à peu près un mois. Comme quand on lit un gros livre ou une série de livres : l’ensemble des Rougon-Macquart, les vingt romans d’Emile Zola par exemple, en un mois ! Il a quelque chose d’étrange dans l’attachement que l’on a pour Tony Soprano. Et quand dans le dernier épisode, un adieu aux personnages s’effectue par l’ouverture d’une porte sur le noir, il ne reste que l’incertitude pour conclure, une forme de frustration qui donne du sens.

 

 The Sopranos, « 5 min before Adriana’s murder », Season 5 Episode 12. © HBO

 

Habituellement, j’attends qu’une série soit terminée ou qu’une saison soit terminée pour pouvoir la regarder sur mon ordinateur, à mon rythme, souvent en enchainant 3 ou 4 épisodes par soir. Ainsi, j’ai vu Breaking Bad. True Detective : la saison 2 était magnifique et beaucoup plus complexe, avec un personnage de méchant intéressant.

 

Du 30 Mai au 19 Juin, Le film Dunes of Deletes de Florent Meng est diffusée sur saisonvideo.com

 

Florent Meng

Saison Video 2018

 

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